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 Un message pour Ingvar

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Le Destin
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MessageSujet: Un message pour Ingvar   Mer 7 Avr - 20:49

Une jeune femme à l'allure étrange descendit d'un navire venant d'accoster au port de la partie hivernale. Autour d'elle, les regard se tournait sur son passage. C'était une étrangère, celà se voyait au drôle d'accoutrement qui la vêtissait. Les personnes qui assiataient à la scène tentèrent de deviner d'où elle pouvait bien être native. Mais ses vêtements trompeurs sur son origine ne pouvaient guère leur fournir d'indices. Elle était vêtue d'une grande cape noire, recouvrant presque sa robe de la même couleur. mais ce n'était point tout ce noir qui les intriguèrent, mais plus le chapeau haut-de-forme en velour noir qui était posé sur sa tête. Ainsi, nul ne se doutait que la directrice du secteur magie de la Grande Bibliothèque était venu remettre un message au maître des Saisons.
Elle avança au travers des routes pavées de neiges, sans prendre garde à tous ces gens la dévisageant comme une drôle de créature.
Mais la route n'étant guère indiquée, elle dut se rendre à l'évidence qu'elle allait devoir trouver un moyen de locomotion jusqu'à la demeure du souverain.
Elle s'enquit auprès de la première qu'elle vit de la possibilté de se faire mener jusqu'à son but.

"Pardonnez-moi. Pourriez-vous m'indiquer par quel moyen je puis me rendre chez le Maître des Saisons?"

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Ingvar
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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Ven 9 Avr - 20:15

Hajar s'écroula tête la première dans la neige. Il était saoul, comme d'habitude. Non qu'il avait une affinité particulière avec l'alcool, mais la rudesse du climat, la solitude des contrées froides... C'était un petit homme trapu, poilu, à la barbe et à la chevelure noires et abondantes.
Il se releva péniblement et s'adossa contre un mur.
Quand sa vision se fut de nouveau stabilisée, il aperçut la nouvelle venue. Pas dur, de l'apercevoir. Tout le monde la regardait. Hajar se gratta la tête, qu'il prévoyait douloureuse pour les prochaines heures. Il ne voyait pas souvent de jeune femme toute habillée de noir et d'un chapeau haut de forme dans ces contrées glaciales. Négligemment, le poivrot revint sur la route, de manière à croiser le chemin de la jeune femme. Vu son accoutrement, elle ne devait pas savoir où elle allait. Et un renseignement valait bien une petite pièce pour un poivrot.
Il sembla à Hajar que la chance lui souriait. La jeune femme s'arrêta et lui demanda comment elle pouvait se rendre chez le Maître des Saisons.

"Le maître des saisons, ma ptite dame ? Voulez vraiment lvoir ? Bah ça...", fit le poivrot. Se souvenant qu'une pièce était en jeu, il reprit : "Sûr qu'à pattes vous en avez pour long ! Pis lfroid, les mauvaises rencontres... C'est par là !", dit-il en indiquant une direction au hasard. "J'aurai bien une solution pour vous sinon, mais lfroid, la faim... Savez cque c'est, mauvaises finances, mauvaise santée, mémoire défaillante..."

Le poivrot fit son plus beau sourire et attendit, plein d'espoir.
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Le Destin
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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Sam 10 Avr - 19:06

La jeune femme, ayant pris la décision d'intéroger la première venue, se promit de ne plus faire apel au hasard pour obtenir quelques renseignement que ce soit. L'homme quel avait questionné n'était guère le fier représentant de la population de ce village. Il sentait l'alcool, avait une hygiène déplorable. mais tout ceci importait peu à la jeune femme. Ce qui la gênait davantage était la manière dont il s'exprimait. Résidant depuis son plus jeune âge sur l'île du savoir, elle ne pouvait supporter les termes employés par Hajar. Mais sa stricte éducation lui interdisait de se montrer trop rude envers lui.
Aussi, un magnifique grand sourir, qui se voulait chalereux et sincère, prit place sur son visage.

"Oui, le maître des Saisons.... en effet, comme je viens de vous le dire je veux le voir...."

Elle attendit quelques instants, se reconcentrant d'avantage pour que son sourir ne disparaisse pas. L'homme lui indiqua une direction, juste après lui avoir signaler la présence de grandes difficultés sur son chemin. Hajar vint à lui proposer, tout naturellement, une autre alternative, lui faisant comprendre sa propre situation, espérant qu'elle même la comprendrait.

"Non, je l'ignore. D'où je viens nous ne connaissons aucun de ces problèmes. Mais je vous remercie de votre renseignement, petit homme à l'odeur singulière. Vous pouvez à présent retourner à vos activités avec la fierté d'avoir accomplit quelque chose! "

Naturellemnt chacune de ces phrases avaient été prononcées avec un large sourire, et une voix particulièrement chaleureuse et amicale.
La jeune femme décida de poursuivre sa route dans le village. Elle n'avait guère l'habitude de ce genre de lieux, ni ce genre de personnes. Sur l'île du Savoir posséder un esprit saint dans un corps saint était tout naturel. L'argent n'existait que pour les étrangers et les "touristes", les habitants préferaient s'offrir et s'échanger ce dont ils avaient besoin, aussi personne ne connaissait la faim ou la soif, ou le fait de ne pas avoir de toît sur la tête.
Quant à la dernière phrase qu'elle avait adressée, elle avait été créée par l'habitude. Etant la responsable de tout un secteur de la Grande Bibliothèque, elle devait s'assurer que les "employés" qu'elle avait sous ses ordres se sentent motivés, et ainsi, fassent du bon travail. Ainsi, elle accompagnait toujours les fins de ses conversations avec des phrases de ce genre.

Ne se préoccupant guère du sort du pauvre Hajar, elle décida d'essayer de trouver l'auberge et une personne moins odorante afin d la mener, ou tout simplement lui indiquer, son but.
Bien qu'elle soit une personne d'une grande intelligence, la jeune femme avait omis un détail de grande importance. Dans le reste du monde, on payait pour obtenir ce que l'on désirait. Etant trop habitué à obtenir ce dont elle avait besoin sans ce procédé, elle n'avait donc pas songer à prendre d'argent, ni quoi que ce soit d'autre. En effet, elle n'avait aucun sac avec, possédant uniquement son chapeau, sa robe et sa cape, ainsi que le message qu'elle était sencée délivrer.

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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Sam 10 Avr - 20:00

Hajar cessa de sourire, déçu, lorsque la jeune femme lui répondit. Elle n'avait manifestement pas compris et continua sa route en le congédiant comme un petit enfant.
De nouveau, un léger sourire naquit sur sa trogne d'ivrogne et il lança dans le dos de la jeune femme qui continuait sa route :

"Ouais, c'est ça, ouais. La fierté. Ben si vous avez un problème, 'savez où m'trouver !"

Haussant les épaules, il retourna contre son mur de sa démarche titubante, d'où son regard put suivre la jeune femme jusqu'à ce qu'elle disparaisse de sa vue. Comme il s'agissait de la rue principale, se disait-il, la jeune femme ne tarderait pas à croiser l'unique taverne du lieu, où elle s'arrêterait sans doute pour trouver du chemin.

*Si elle s'y prend comme ça, elle finira à pied de toute façon...*, pensa-t-il, sarcastique.

Ah, la taverne... Du temps qu'il avait de l'argent, et une famille, et un toît, Hajar aimait bien s'y rendre. C'était un grand bâtiment de pierres grises et apparentes, flanqué en bas au milieu d'une grosse porte en chêne et, de chaque côté de la porte, d'une petite fenêtre aux vitres jaunes et crasseuses sur laquelle devaient se refermer les volets, en sapin cette fois. La porte en chêne était un luxe que s'était payé le tavernier, le gros Martel, l'arbre en question ne poussant pas du côté hivernal de l'île.
On entrait dans l'établissement, et on sentait immédiatement les odeurs de cheminée, de viande rotie, de sueur, et les yeux vous piquaient de fumée. Hajar repensait toujours avec émotion à cette taverne d'où il était exclu jusqu'à paiement de son ardoise. Deux salles la composaient : la principale, immense, était remplie de tables massives et de chaises en paille. Une cheminée ronde trônait au beau milieu de la pièce, dans l'alignement de la porte. Derrière elle, tout au fond de la salle, un grand bar qui prenait tout le mur du fond. Derrière ce bar, une porte donnait sur la réserve et la chambre du tavernier.
La deuxième salle était accessible par la porte du mur du droite. C'était un local exigüe qui devait servir de dortoir. La taverne n'avait pas de chambre. Deux ou trois paillasses étaient jetées là, négligemment.
Hajar poussa un soupir à fendre le coeur. Il n'était pas prêt d'y retourner, à cette taverne, et pourtant, il aurait tout donné de ce qu'il avait pour y passer rien qu'une soirée, s'il avait eu quelque chose...
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Le Destin
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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Sam 10 Avr - 20:22

La jeune femme continua sa route sans prendre garde aux dernières paroles émises par Hajar. Elle avait fait son choix, et la personne qui devait lui en venir en aide ne serait certainement pas un être à l'odeur et au lange douteux.
Elle passa donc son chemin, songeant que la possibilité de trouver une aide efficace était directement liée au nombre de personne à qui elle la demanderait. Donc, il lui fallait opter pour un lieu réunissant donc une importante quantité de villageois, un lieu public. Et la taverne correspondait parfaitement aux paramètres souhaités par la jeune femme.
Elle dirigea donc vers l'établissement, poussant la porte de chêne, et entra.
Son regard chercha qui pouvait tenir le rôle de gérant, et aperçu le gros Martel. Ses pas la dirigère vers lui, et , prenant son habituel sourire "chaleureux", commença à faire part de son petit souci d'orientation.

"Bonjour. Je souhaiterai me rendre à la demeur du Maître des Saisons. Auriez-vous donc connaissance d'une personne susceptible de m'aider?"

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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Sam 10 Avr - 21:04

Le gros Martel essuyait un verre lorsqu'il vit entrer une jeune femme à l'allure étrange qui se dirigea vers lui. Sans cesser d'essuyer son verre, le gros moustachu écouta la requête.

"Le maître des Saisons ? Ingvar ?", fit-il, incrédule.

Que quelqu'un voulut s'adresser à Inirètèv étonnait le tavernier comme le poivrot lui-même avait été surpris. L'homme ne jouissait pas d'une réputation des plus rassurante par le pays.

"Vous pourriez demander à Torbar", indiqua-t-il. "C'est notre forgeron. Il est là-bas, tenez, le grand gars", lui dit-il en lui désignant un colosse, assis seul à une table, face à sa bière. "On vous sert quelque chose, mademoiselle ?"
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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Dim 11 Avr - 12:15

La jeune femme observa très rapidement l'apparence du tavernier. Non pas qu'elle s'appuyait sur ces différentes caractéristiques physique pour se faire son opinion de la personne, mais celà l'influençais. Et en apercevant le tour de taille de Martel, elle sut de suite que ce qui tout concernait "un corps saint" ne devait guère avoir de priorité chez lui, ni dans son établissement. Mais elle consentit, toutefois, que ce choix de physique pouvait avoir son utilité dans cette partie de l'île où il faisait si froid.

Revenant aussitôt à elle, elle se rendit compte que le tavernier semblait assez surpris de son désire de retrouver le Maitre des Saisons, mais il consentit à la diriger vers une personne en mesure de satisfaire ses problèmes d'orientation. Et le hasard faisait bien les choses, puisque le forgeron était présent.
Le tavernier en vint, tout naturellement, à lui proposer quelque chose à boire ou à manger. La jeune femme hésita un long instant. Elle n'avait guère faim ni soif, puisqu'elle avait comblé ces besoin dans le bateau. De plus, la nourriture d'ici ne semblait guère légère.... mais d'un autre coté, si le forgeron acceptait, elle allait avoir besoin de force et d'un protection contre le froid. Cependant, ce n'est pas le repas qu'elle avalerait ici qui lui permettrait d'obtenir un couche de graisse semblable à celle du tavernier..... Son esprit partit ainsi dans un véritable débat. Mais au final, elle devait se résoudre à faire un choix.

"Je vous remercie, pour vos renseignements, et votre invitation à manger.... mais je me vois contrainte de la décliner temporairement. J'ignore encore si tout ceci aura son utilité prochaine."

Elle accorda une dernière fois un grand sourire au tavernier, se dirigeant de suite vers le forgeron, tout en pensant qu'elle féliciterait Martel pour ses efforts quand elle partira.
La jeune femme se plaça donc face à Torbar, son sourir toujours aux lèvres.

"Bonjour. Je souhaiterai me rendre à la demeur du Maître des Saisons. On m'a indiqué que vous étiez parfaitement apte à remplir ce genre de requête. Auriez-vous donc l'amabilité de m'y conduire?"

La jeune femme attendait, derrière une chaise rangée contre la table, tout en esperant que le forgeron consentirait à lui venir en aide.

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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Jeu 15 Avr - 18:47

Face au refus de la jeune femme, le tavernier haussa les épaules et repartit en direction du bar, sur lequel il posa le verre propre et essuyé pour en prendre un autre à laver.
Tandis que Martel faisait sa vaisselle, le forgeron vit, à travers la brume épaisse de la migraine causée par la forge et qu'il tentait de noyer dans sa bière, cette curieuse jeune femme arriver vers lui.
Torbar était un homme particulièrement grand et massif. Il avait la peau du visage quelque peu roussie ; ses cheveux bruns étaient courts et s'alliaient avec une fine moustache brune qui contrastait avec la rudesse de sa carrure et la broussaille de ses sourcils. C'était un homme propre sur lui-même, du fait qu'il ne sortait de sa forge que le soir et qu'il éprouvait alors le besoin de se rafraichir et de se débarrasser de la crasse et de l'odeur de la fumée qu'impliquait son métier, et son attitude n'excluait pas une certaine dignité. Son défaut principal était l'humeur sombre qui se transformait vite en humeur massacrante, le tout causé par la migraine.

"Le maître des saisons, hein ?", fit-il d'une voix belle voix, grave mais douce. "Rien que ça".

Il s'interrompit un instant pour avaler une gorgée de bière et fixa son regard sur la jeune femme.

"Je ne vous y conduirai pas, je ne quitte pas ma forge. Je peux vous louer une carriole et le cheval qui va avec, vous y serez en une après-midi. Mon apprenti vous accompagnera pour conduire et ramener l'ensemble ici".

Une nouvelle interruption, une nouvelle gorgée, le regard toujours rivée sur le visage de son interlocutrice.

"Il vous en coûtera 30 pièces d'or", dit-il enfin, se radossant sur sa chaise, la main droite sur l'anse de sa chope.
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Le Destin
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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Sam 17 Avr - 12:30

Après s'être renseignée auprès du tavernier, la jeune femme fut redirigée vers le forgeron, qui profitait de sa fin de journée de travail pour se reposer tout en buvant une bière. Tout naturellement, la jeune femme suivit les conseils de Martel, et s'enquit auprès de Torbar de la possibilité de la conduire jusqu'à la demeure du souverain de cette île. Visiblement ce dernier ne devait guère recevoir de visites, du moins c'est ce que l'inconnue put en déduire en voyant la réaction de tous ceux qu'elle avait interrogé.
Mais cette fois-ci, elle était parvenue à trouver quelqu'un capable de lui apporter ce renseignement. Certes, lui-même ne pouvait pas se rendre à la demeure d'Ingvar, mais il avait la possibilité de faire accompagner la jeune femme par son apprenti. L'inconnue allait le remercier, lorsque le forgeron évoque la question du paiement. N'étant absolument pas habitué à cette manie de tout échanger contre de la "ferraille", la jeune femme avait complètement oubliée que dans le reste du monde cette pratique était courante.

"30 pièces d'or?"

L'inconnue tendit les bras, soulevant ainsi sa cape, et laissant apercevoir qu'elle ne possèdait rien mis à part ses vêtements.

"Comme vous pouvez le remarquer je n'ai pas le moindre sac, ou la moindre sacoche. Je crains fort, donc, qu'il m'est impossible de vous rémunérer de cette façon. Cepdant, je ne suis pas dénuée de toute capacité, il est un service que je puis certainement vous rendre. De plus, la cariole et le cheval me ralentiront grandement, j'ai surtout besoin de connaître la direction à prendre. A la vue de ces nouveaux éléments j'espère que nous pourrons établir un autre contrat .....?"

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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Sam 17 Avr - 14:56

Le forgeron fronça les sourcils lorsque l'importune lui exposa sa pauvreté. Il allait lui dire de passer son chemin mais s'interrompit dans son élan vers la fin de la phrase de la jeune femme.

"Vous voyagez donc d'une manière bien spéciale ?", fit-il. "Peu importe, ça ne me regarde pas. La direction à prendre est facile : il vous suffit de choisir la plus haute montagne, à vue de nez, et de la grimper. Je décline votre proposition d'aide, je n'ai besoin de rien".

Le forgeron s'interrompit une seconde, frisa sa moustache à la manière d'un gentilhomme, ce qui était tout à fait inhabituel pour un forgeron de village. Mais Torbar aimait à être raffiné, et nul ne connaissait vraiment son histoire. On ne savait que trois choses précises de lui : il s'appelait Torbar, n'avait pas toujours vécu ici et ne sortait de sa forge que pour boire à la taverne, s'y endormir sur une table, et repartir à sa forge le lendemain.

"Vous savez vous battre, jeune femme ? Vous ne manquez pas de confiance, en tout cas, j'ignore si c'est par inconscience ou par force, et je ne veux pas le savoir. Il y aura le froid, aussi. Plus vous montez, plus vous gelez. Et vous verrez que la compagnie du Seigneur n'est pas des plus agréables. Le temps qu'il fait autour de lui dépend de son humeur, or il est souvent très froid...", dit-il. "Mais tout ça, c'est vos affaires. Si vous n'avez rien d'autre à demander, passez votre chemin et laissez moi en paix. Inirètèv a les yeux partout, de toute façon, je doute que vous ayez le temps de monter jusqu'à lui avant d'en entendre parler", termina-t-il.

Et, considérant que l'entretient était terminé, le forgeron vida sa bière d'une grande lampée, en commanda une autre au tavernier et s'adossa sur sa chaise, les bras croisés, le regard triste, perdu dans ses pensées.
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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Lun 19 Avr - 12:09

En apprenant qu'elle avait uniquement besoin de connaître la localisation de la demeure du Maître des Saisons, le forgeron accepta de lui céder ce renseignement sans contrepartie. La jeune inconnue, qui aurait sourire à la satisfaction d'avoir avancé d'un pas dans sa mission, se montra plutôt étonnée. Ce fut bien la première fois qu'on lui posait une question tout en ajoutant, après cela, que l'on ne souhaitait pas en connaître la réponse. Ce comportement n'était réellement pas envisageable sur son île. Lors d'un instant, elle eut un doute et se demanda si elle ne se trouvait pas sur l'île des fous.
Ne souhaitant pas faire défaut au protocole de politesse, elle tenta de regagner rapidement ses esprits afin de remercier comme il se doit le forgeron.

"Je.... vous remercie pour ... cette information...."

Torbar poursuivit en lui demandant si elle savait se battre ou si elle agissait par inconscience, chose à laquelle il ne souhaitait pas non plus obtenir de réponse. Puis il l'avertit de la température désagréable, ainsi que de la personnalité du souverain de cette île, qui pouvait avoir des répercutions sur le climat. Il termina en lui demandant de le laisser seul, mais ajouta qu'Ingvar avait la capacité de connaître se qui se déroulait sur le domaine qu'il gouvernait et qu'elle avait peu de chance de parvenir jusqu'à lui, ce à quoi la jeune femme ne put s'empêcher de répliquer.

" Cela serait fort malhabile de sa part. On ne tue pas le messager qui apporte le moyen de protéger l'île contre le prochain qui arrive..... Sur ce, je vous remercie de votre attention et vous félicite pour être parvenu aussi rapidement à me fournir autant de renseignements utiles."

Elle s'apprêtait à quitter la taverne, mais sa curiosité avait été titillée une fois de plus durant le dicsours du forgeron.

"Excusez-moi encore une minute.... pourquoi posez-vous des questions si vous ne souhaitez pas en connaître la réponse?"

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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Ven 23 Avr - 0:13

Plongé dans les souvenirs d’une vie passée, les yeux dans le vague, le forgeron Torbar ne prêta nulle attention aux remerciements de la jeune femme et ne lui accorda pas un regard, perdu qu’il était dans sa rêverie et dans le désir qu’on le laissa s’y perdre tranquille.
Soudain, les paroles de son interlocutrice le tirèrent de ses songes et le firent sursauter. Il lui lança un regard sombre, où se mêlaient colère et anxiété, qui laissa entrevoir l’espace d’un instant toute la tristesse que peuvent causer les épreuves subies tout au long d’une vie.

« Diable ! », dit-il rudement. « Ne vous méprenez pas sur mes paroles, jeune dame, et n’allez pas crier comme ça que je laisse entendre cela. Parole ! Notre seigneur ne vous ferait pas assassiner sans savoir ce que vous lui voulez, il est plus diplomate que ça, tout de même. Je vous préviens juste que vous n’aurez à mon avis pas besoin de monter chez lui pour délivrer votre message, si c’est ce que vous avez à faire ».

Le forgeron avait parlé vite, d’une voix sourde qui tenait du murmure, mais cependant audible, et la sueur perlait à son front. Non content d’avoir parlé vite, il avait aussi parlé beaucoup ; les deux étaient contraires à ses habitudes et, de loin, le tavernier haussa les sourcils à la vue de cette activité inhabituelle. Torbar s’en aperçut et reprit contenance, comme si de rien n’était.

Pendant ce temps, au dehors, le poivrot qu’avait accosté la jeune femme parlait avec forces gestes à un mur, à ce qu’auraient pu croire les passants, s’il y en avait eu. Seulement, de temps à autre, une main sortait de l’ombre et déposait une pièce dans la main du mendiant, signe qu’il recueillait des informations. Puis le mendiant partit, visiblement agité mais soulagé et s’en fut d’un pas rapide, pressé de s’éloigner de ce mur si prodigue mais au comportement si inquiétant.

Le forgeron, lui aussi, était heureux de voir la jeune femme prête à s’éloigner. Ses paroles avaient remuées en lui de vieux souvenirs qu’il noyait à la bière, et de vieilles craintes remontèrent à la surface. Hélas, la jeune femme ne partit pas et lui demanda l’intérêt de questions qui désiraient si fort qu’on n’y réponde pas.
Le forgeron lui offrit un sourire méprisant puis, se rappelant ses devoirs de courtoisie qui révélaient chez lui un homme qui n’avait pas toujours été forgeron, il répondit impassible :

« C’est que je réfléchit en parlant, mademoiselle, ne prêtez pas attention aux élucubrations d’un misérable forgeron. Et si je ne veux pas de réponse, c’est que j’en ai suffisamment eu d’importunes à des questions dont j’aurais pu me passer. J’aime mieux vivre tranquille dans ma forge et ne veut pas d’ennui », ajouta-t-il d’un ton calme, tout en reprenant une gorgée de bière que le gros tavernier lui avait apporté, selon sa commande.

Un homme de taille moyenne et d’habits simples entra dans la taverne et se dirigea vers le comptoir, auquel la jeune femme tournait le dos. L’air de rien, il balaya la salle d’un regard blasé qui ne s’alluma que très légèrement lorsqu’il aperçut les deux personnes qui discutaient, avant de poursuivre son investigation d’un œil dénué d’expression. Lorsqu’il eut, des yeux, fait le tour de la salle, il se retourna vers le tavernier et lui parla à voix basse. Ce dernier parut vaguement étonné mais ne souffla mot et hocha la tête. Puis l’homme alla s’asseoir à quelques tables des deux gens tandis que le tavernier s’affairait au comptoir.
Le manège n’avait pas échappé au forgeron qui, aussi brève qu’elle fut, avait surpris la lueur d’intérêt qui s’était allumé dans le regard du nouveau venu lorsque celui-ci les avait vu.

« Filez, maintenant ! », dit brusquement Torbar à la jeune femme. « Vous me dérangez ».

Mais il était trop tard pour le forgeron. Le gros tavernier venait vers eux, après avoir posé une bouteille de vin sur la table de l’arrivant, ainsi que trois verres. L’un deux avait été rempli et fut posé devant le forgeron.

« Voilà pour toi, Torbar, de la part du monsieur, là-bas ». Puis, se tournant vers la jeune femme : « Ce même monsieur voudrait partager un verre avec vous, mademoiselle, il me prie de vous convier à sa table. C’est mon meilleur vin ! », fit-il en se redressant fièrement. « Et tout est payé ».

Puis le gros homme s’en revint à son comptoir, où il vaqua à ses occupations sans plus de curiosité. De son côté, l’étranger, assis jambes croisées et le coude sur le dossier de sa chaise, avait tourné la tête lorsque le tavernier avait offert le vin au forgeron et lui avait lancé un regard acéré pleins de sous-entendus que seul le récepteur pouvait comprendre.
Il salua la jeune femme d’un geste gracieux de la main lorsque le tavernier transmit l’invitation puis guetta son assentiment d’un air d’attente polie.
C’était un homme maigre, de taille moyenne, au visage glabre et fin, et au regard rusé qui laissait voir également un homme aimable et enjoué, dont la compagnie promettait au premier coup d’œil d’être agréable autant qu’intéressante. Au reste, il affichait un air de bonhomie parfaite qui, n’eût été le regard rusé et précis qui dévoilait un esprit vif et acéré, ne devait pas inspirer la moindre méfiance au premier venu.
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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Sam 24 Avr - 20:19

La mauvaise interprétation, des paroles prononcées par le forgeron, faite par la jeune femme inquiéta vivement son interlocuteur. Celui-ci se défendit en expliquant qu’elle n’aurait sans doute pas à faire face à la nécessité de se rendre chez le Maître des Saisons pour lui délivrer le message. Le voyant si nerveux fasse à ces quelques mots qu’elle avait faits l’erreur de déclarer, la jeune femme tenta de le rassurer.

« Ne vous en faite donc pas ainsi. Vous n’avez nullement affirmé que votre seigneur était un meurtrier dénué de la moindre réflexion. Vous avez simplement fait l’erreur de mal tourner votre phrase et causer la confusion dans mon esprit. Mais vous n’êtes nullement maître de mon esprit, aussi vous ne pouviez nullement connaître le poids de vos paroles sur moi. C’est une leçon qui vous faudra retenir à l’avenir. Il faut être clair et précis lorsqu’on s’adresse aux autres pour leur transmettre des informations. Et nous allons commencer de suite. Qu’entendez-vous par : « vous n’aurez pas besoin de monter chez lui pour délivrer votre message » ? »

S’étant aperçu de l’état de panique de Torbar, elle avait pris le soin de parler à voix, tout comme lui, en se penchant légèrement dans sa direction.
Puis, ayant obtenu les réponses qu’elle souhaitait, elle s’éloigna vers la sortie, mais pour revenir sur ses pas aussitôt après. De nouveau, elle s’adressa au forgeron, mais cette fois-ci s’était dans le but de comprendre ses intentions lorsqu’il posait une question sans souhaiter en acquérir la réponse. La solution de ce mystère n’atteignit guère les attentes de la jeune femme. Elle retenu simplement qu’il agissait ainsi car il pensait à haute voix, faisant l’impasse totale sur les soucis qu’il exprima par la suite. Les malheurs des autres lui importaient peu, surtout s’il n’y avait aucune connaissance à acquérir derrière.
Elle s’apprêtait à quitter à nouveau la taverne, mais son attention fut retenue par la bouteille accompagnée des trois verres que Martel avait déposés sur la table. Elle fixa du regard, lors d’un instant, les objets qui s’étaient imposés à sa vue, puis releva la tête en direction de Torbar, comme si elle attendait de sa part une explication. Celle-ci fut apportée par le tavernier. Ces présents avaient été généreusement offerts par le client assis à quelques tables d’eux.
La jeune femme examina du regard l’inconnu, à l’attitude décontractée, et qui la salua en levant son verre. Un flot de nouvelles questions assaillis l’esprit de l’inconnue alors qu’elle continuait de scruter son généreux donateur. Elle tourna son regard vers Torbar, approchant son visage, aux traits si sérieux, de celui du forgeron.

« Torbar, j’ai besoin que vous soyez parfaitement honnête avec moi…. »

Elle plongea son regard dans celui de l’homme, comme si elle essayait de sonder son âme.

« A votre avis… à vol d’oiseau, combien de temps mettrais-je pour me rendre chez le Maître des Saisons ? »

La jeune femme n’avait nullement l’intention d’accepter l’offre qui lui avait été faite. Sa mission était claire et précise, et tout ceci n’entrait pas en compte. Ce genre de divertissement ne pourrait avoir lieu qu’une fois le message à son destinataire.

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Ingvar
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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Dim 25 Avr - 14:55

Torbar vit de son œil inquiet s'approcher le visage de la jeune femme assise en face de lui. Qu'avait-il donc fait, se disait-il, pour que les ennuis le rattrapent jusqu'ici ? Une fois de plus, le forgeron n'en revenait pas de sa mauvaise fortune.
Elle fixa son regard dans le sien, tout en lui parlant. Le forgeron avait connu regards plus scrutateurs que le sien, et ce souvenir le ramena quelque peu à la réalité. Le forgeron prit le regard le plus vide qu'il avait et, d'une voix dénuée d'expression, répondit :

"Tout dépend de quel oiseau vous parlez, mademoiselle...".

Le forgeron s'interrompit. Du coin de l'œil, il surveillait le nouvel arrivant qui, lui, ne les quittait pas des yeux un instant et venait de faire un clin d'œil à Torbar accompagné d'un sourire jovial et d'un regard glacial. Succédant à la panique, la colère monta dans la poitrine du forgeron. Il avait suffisamment expié ses fautes, jugeait-il, et avait désormais droit à sa tranquillité.
Il se leva vivement, renversant au passage, par inadvertance, sa chope à moitié pleine sur la table, en direction de l'inconnue.

"Vos questions me lassent, mademoiselle !", tonna-t-il. "Eh, Martel, tu devrais mieux choisir ta clientèle", lança-t-il au gros tavernier qui, fidèle à son habitude, profitait d'une accalmie dans les commandes pour faire sa vaisselle.

Et, le regard furibon mais la démarche noble, Torbar le forgeron traversa la taverne à grandes enjambées et sortit en claquant la lourde porte qui hurla dans ses gonds sous la poussée inhabituelle et s'en revint bruyamment claquer dans son encoignure.
A ce spectacle, l'étranger nouvellement attablé éclata d'un rire franc comme si le forgeron venait de lui faire la meilleure blague du monde, et le gros tavernier, encouragé par l'absence d'hostilité de la part de ceux que fuyait Torbar, ce qui n'avait pas laissé de l'inquiéter :

"C'est ça Torbar, mais si je fais ça je ne devrais plus t'accepter, et j'y perdrais mon plus précieux pilier !", lança-t-il inutilement à la porte fermée.

La réplique, quoique de mauvais goût, redoubla l'hilarité de l'étranger, qui se communiqua à quelques clients de la taverne qui n'aimaient de toute façon pas Torbar, à cause de sa supériorité physique et de mœurs, et de sa perpétuelle mauvaise humeur. Satisfait de son effet, le tavernier bomba le ventre, sourit de sa grosse moustache et astiqua de plus belle ses effets.
L'étranger, lui, retomba comme si de rien n'était dans bonhomie habituelle, l'air toujours calme par dessous son regard perçant et sirota tranquillement son verre de vin.

Dehors, Torbar courait, courait à en perdre haleine. Il atteignit sa forge en moins d'une minute, là où il en aurait fallu trois pour l'atteindre à un individu normal. Un fracas de métal se fit entendre puis, quelques secondes plus tard, le grand forgeron ressortit sans prendre la peine de fermer la porte. Seulement, il était vêtu d'un ample manteau de voyage, une épée ceignant son flanc et une lourde bourse cliquetant pendant à sa ceinture. D'un pas vif, il s'en fut du village et, derrière lui, la forge renversée commençait à répandre ses flammes dans la bâtisse, dont le toit ne tarda pas à être léché par les flammes.

Tout à coup, dans la taverne, on entendit la lourde cloche du village qui sonnait à tout rompre, et, dans la rue, les cris de quelques passants qui couraient en direction de la rivière : "Au feu, au feu ! Tous à la rivière, la chaîne de seaux jusqu'à la forge !".
Comme un seul homme, tous les clients se levèrent et sortirent précipitamment pour donner leur aide. Le gros Martel lui-même, sans aucune méfiance, posa délicatement une assiette qu'il avait essuyé, jeta son torchon par dessus son épaule et sortit de la taverne en courant, autant qu'il était possible de courir à un homme de sa corpulence.
L'étranger, lui, n'avait pas bougé, et son regard amusé fixait maintenant la lourde porte qui se refermait lentement sur ses ressorts.
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Le Destin
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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Dim 2 Mai - 18:20

Délaissant momentanément la présence de l’inconnu, la jeune femme s’intéressa à nouveau à son objectif premier qui l’avait mené sur cette île. Elle interrogea donc à nouveau le forgeron afin de connaître la distance qui la séparait de la demeure du Maître des Saisons. Bien qu’elle aurait du s’y attendre, elle fut surprise une nouvelle fois de constater l’étrange façon de procéder de l’esprit de son interlocuteur. Estimant qu’elle avait posé une question relativement simple, elle avait songé recevoir une réponse de la même nature.

« Et bien… qu’importe l’oiseau… je souhaite juste obtenir une approximation. »

Le comportement de la jeune femme ne semblait guère être de tout repos pour Torbar, qui, sans que son interlocutrice n’en connaisse l’exacte raison, commença à s’emporter à son égard. Restant totalement stoïque, l’étrangère observa, sans sourciller, l’attitude du forgeron. La scène fut de courte durée, mais néanmoins suffisante pour qu’un flot de questions vienne assaillir les pensées de la jeune femme.
Elle tourna son regard vers Torbar qui quitta la pièce.

A présent, elle se retrouvait seule, et n’avait guère de raison de faire acte de présence en ce lieu plus longtemps. Derrière elle, les moqueries émises par le tavernier avaient donné naissance à l’hilarité générale. Mais celle-ci fut de courte durée, puisque l’on entendait déjà les cris d’alarmes mêlés au son de cloche, venant de l’extérieur, avertissant que le feu s’emparait, sur le moment, d’un des bâtiments.

La clientèle quitta rapidement les lieux. La jeune femme s’était, par précaution, écartée du chemin. Une fois la voix libre, elle sortit de l’établissement à son tour, laissant le généreux inconnu seul avec ses rires.

Dehors, elle chercha du regard la direction préalablement indiquée par le forgeron, et se dirigea vers la sortie du village.

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Ingvar
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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Sam 8 Mai - 22:49

Le maître des Saisons, Inirètèv, s'ennuyait. Ou plutôt, Inirètèv se languissait. Comme toujours depuis qu'il y était, la situation semblait stable sur l'île. Rien ne venait troubler le quotidien du Palais des Glaces, toujours aussi blanc, scintillant et froid.
Mais si Ingvar avait grandit dans le froid et dans l'habitude de la rudesse du climat, il ne s'accoutumait cependant pas à voir toujours le même paysage, à laisser végéter et dépérir son esprit formidable. Car, si les yeux et les oreilles d'Ingvar étaient partout, d'autres parties importantes du corps étaient là, elles. Et rares étaient ceux qui s'aventuraient jusqu'à lui. Les deux hommes qui étaient arrivés depuis un mois étaient parvenus morts au Palais. Les chevaux les avaient transportés jusqu'à l'unique destination de la route gelée, avant de s'abattre à leur tour, et même de mourir pour un.
L'ennui d'Ingvar était dangereux, comme l'est celui des mages, des sorciers ou des dirigeants. Lorsqu'il s'ennuyait, il contrariait les puissants et ourdissait de fameux complots contre lui-même, complots qui plongeaient toujours l'île dans un certain embarras. Ensuite, il s'amusait à rétablir la situation. Mais Ingvar se connaissait et se sentait en conséquence proche de cette extrémité. Il agita vaguement une sonnette.
Martèleux avait l'ouïe rendue fine par l'habitude. Martèleux, le grand silencieux, entra, sans un bruit, et s'inclina, dans l'attente.

"Ansfrid Valette", articula Ingvar.

Aussitôt, Martèleux sortit sans plus de cérémonie. Trente minutes plus tard, Ansfrid Valette entrait dans la pièce, suivit de l'imposant secrétaire. Valette, dirigeant du guet, qui était présent dans tous les lieux habités de l'île, et même dans certains lieux déserts, était un homme de taille moyenne, à la carrure sans prétention. Les muscles maxillaires très développés et le regard seuls, cependant, dénonçaient un homme sévère, résolu et expérimenté : ses yeux ne fouillaient que les zones d'ombres, par habitude, là où un regard sans expérience serait demeuré attaché aux zones éclairées, dont le regard du capitaine avait déjà enregistré tous les détails. Inirètèv lança un bref regard au dirigeant du guet. L'homme cynique et désabusé, mais zélé, était à la fois son pire ennemi et son meilleur serviteur. Il lui inspirait même de la sympathie, qu'il se gardait bien d'extérioriser.
De son côté, Valette répondit au regard du despote par une œillade pleine de méfiance.

"Vous préparez deux chevaux, Monsieur Valette. Un pour vous, l'autre pour moi. Nous partons dans dix minutes pour ma maison de Bois-Rouge".

Ladite maison était une petite masure sans prétention aucune lovée dans les bois humides de la grande forêt de la partie de l'île qui incarnait l'automne. Elle était située dans un petit vallon luxuriant, à quelques lieues de Bois-Rouge.

"Seul, monseigneur ?", s'enquit Valette.
- Non monsieur, vous serez-là, répondit Ingvar de sa voix imperturbable.

Un sourire amer éclaira le visage couturé du capitaine. Personne n'aimait Inirètèv, et nombreux étaient ceux qui aspiraient à sa disparition. Pourtant, sans que l'on sache vraiment comment, il s'était instauré comme la pierre d'achoppement de tous ces conflits. Tout en alimentant les dissensions entre les grands, il était indispensable à chacun d'eux. Car chacun des grands était menacé par un moins grand jaloux de son importance. Sans Inirètèv, Ansfrid n'était rien, et les autres non plus. Ainsi, chacun le défendait au péril de sa vie : Inirètèv disparut, rien n'empêchait plus les moins grands d'éliminer les grands, qui donc avaient intérêt à préserver l'intégrité du seigneur qu'ils détestaient et qui les divisaient. Diviser pour mieux régner.

- J'aurais donc à moi seul entière responsabilité de votre personne, fit-il, caustique. C'est m'accorder beaucoup de confiance, monseigneur.

- C'est juste, répondit Inirètèv.

Et ce dernier de lui lancer le regard le plus vide qui se pût trouver. Ansfrid hocha la tête. Il venait d'acquérir la certitude qu'Erbrum suivrait. Avec Erbrum, l'Assassin par excellence, Valette n'aurait plus qu'à assurer sa propre sécurité. Il sortit donc et descendit aux écuries, où il sella lui-même les deux meilleurs chevaux qu'il pût trouver.
Alors qu'il pivotait dans l'idée d'aller prévenir le Maître des Saisons, un bruissement de tissus dans son dos attira son attention.
Le capitaine ne put retenir un frisson de stupéfaction. Malgré l'habitude qu'il avait de ce genre de manifestation, il regardait avec surprise le seigneur Ingvar, qui, monté sur l'une des deux bêtes sellées, le regardait d'un air d'attente polie.
Lors, sans mot dire, il enfourcha sa monture à son tour et ouvrit la marche.

Six heures plus tard, Inirètèv était assis sur une chaise, devant une fenêtre, tandis qu'Ansfrid Valette polissait son épée avec la minutie du soldat qui a l'habitude de n'avoir rien d'autre à faire.
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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Jeu 13 Mai - 19:43

La jeune femme gagna la sortie du village. Pendant ce temps, tous les villageois avaient rejoint leur force pour calmer l’incendie qui ravageait la forge de Torbar, et qui risquait de s’étendre aux maisons et commerces voisins.
Qu’importe pour elle, tout ceci n’était qu’une distraction qui aurait la détourner de son objectif premier. Le temps avançait dangereusement. Mais ceci aussi n’avait guère d’importance pour elle. Tout ce qu’elle devait faire, c’était remettre un message au Maître des Saisons. Après, qu’il soit trop tard ou pas, pour lui, pour agir n’était pas de son ressort.

Une fois qu’elle fut suffisamment éloignée de la vue de tout villageois, elle fit un tour sur elle-même, prenant le soin de vérifier qu’aucune vie n’était présente dans ses alentours. Grâce à ses pouvoirs, la neige pouvait lui communiquer ce genre d’information.
Elle prit une grande inspiration. Ses vêtements noirs se collèrent à elle, lui offrant ainsi une nouvelle peau qui se métamorphosa en plume. Dans la minute qui suivie, la jeune femme était devenue un grand oiseau noir s’envolant en direction de la demeure d’Ingvar.

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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Ven 14 Mai - 1:31

"A propos, Monsieur Valette, qu'en est-il de cette jeune femme qui désirait tant me parler ?", fit Inirètèv.

Le feu brûlait abondamment dans l'âtre et la chaleur des flammes chassait peu à peu l'humidité des murs de la petite maison blottie dans les bois du côté automne de l'île. Ansfrid Valette avait cuit des oeufs qu'il avait découvert sur le pas de la porte, posés comme par miracle. Cela voulait dire : Erbrum est là, Erbrum veille, Erbrum qui dérange les oiseaux dans leur nid et dans leur arbre pour le plaisir et la cruauté de veiller sur le Maître des Saisons. Sauf que celui-là, se disait Ansfrid, ajoutait à son intérêt un réel dévouement, ce qui en faisait un homme précieux comme allié, terrible comme ennemi.

"Eh bien, Monseigneur, aux dernières nouvelles, elle est plus ou moins devenue la cause; involontairement bien sûr, de l'incendie d'un village. Par l'entremise d'un forgeron connu de vous, Monseigneur, l'ancien sire Koslov".

Le ton du capitaine, comme toujours, était emprunt d'une ironie qu'il était difficile de qualifier.

"Fort bien, Capitaine. Et ensuite ?"
- Ensuite ?
- Sans doute, ensuite. Elle n'est pas restée à se réchauffer auprès des flammes, n'est-ce pas ?
- Non Monseigneur. Un poivrot l'a vue se diriger vers la sortie ouest du village.
- Allons, monsieur Valette, ne me faites vous tirer les vers du nez. Dites tout ce que vous savez, qu'on en finisse.
- Monseigneur, le seul témoin que nous avons était en proie à l'alcool, et était coutumier du fait. D'expérience, Monseigneur, je vous prie de croire qu'il pouvait être en proie à des hallucinations des plus...
- Hallucinantes ?, termina Ingvar. Oui, capitaine, vous connaissez cela, je m'en souviens. Eh bien, quelles sont-elles, ces hallucinations ?
- L'homme jurerait, en l'espace d'une seconde, avoir vu, à la place de la jeune femme, un corbeau immense qui s'envolait dans notre direction. Mais encore une fois, je vous le répète, l'alcool Monseigneur...
- Oui, oui, coupa Ingvar. Ce doit être un message bien important, alors..., murmura-t-il pour lui-même. "Eh bien, Valette, vous accueillerez cet aimable visiteur comme il se doit. N'ajoutez pas, je vous prie, par erreur sa délicieuse carcasse à votre ragoutante omelette. Et prévenez Martèleux. Sait-on jamais. Je veux voir ce messager sous les plus brefs délais".

Ansfrid Valette s'inclina. Le seigneur Ingvar devait être obéi à la lettre. Même si lui, Ansfrid, avait droit à un langage particulier et à une relation qui pouvait ressembler à une faveur par rapport à Ingvar, il se devait de remplir à fond les exigences du seigneur. Pour la loi, d'abord, qui était sa préoccupation majeure. Et puis, derrière, il y avait Erbrum. Et, pire encore, les deux vieilles, les sorcières les plus réputées de l'île : Nounou Ogg et, surtout, Mémé Ciredutemps.
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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Lun 17 Mai - 17:15

(J’avoue être un peu perdue là, ton message est un peu bizarre… Si Ingvar commence par « A propos », en parlant de la jeune femme qui vient lui livrer le message, ça signifie qu’il en a déjà entendu parlé, mais ça n’apparaît nul part dans ton précédent message. Et s’il savait que l’on venait lui livrer un message, pourquoi est-il partit ?
Et je n’ais jamais dit qu’elle se transformait en corbeau, juste en oiseau noir… ^^)

La transformation en volatil avait permit à la jeune femme de gagner un temps considérable en voyage, de même qu’en sécurité. En effet, les routes menant au palais de glace, demeure du Maître des Saisons n’étaient guère praticables autant à pied qu’à cheval, monture la plus communément utilisée. Cette mesure avait certainement été mise en place pour que les sujets de cette île ne se permettent de déranger leur souverain pour des questions futiles, qui pouvaient être une véritable perte de temps. Un temps qui se montrait précieux lorsque l’on gouverne un peuple.

Dans le ciel, l’oiseau noir continua son vol, espérant ne pas croiser de mauvaise compagnie sur sa route. Au loin, sa vue perçante aperçue les tours de glace appartenant à la demeure dans laquelle elle devait se rendre. Le froid devenait de plus en plus gênant. Sa métamorphose possédait le grand inconvénient qu’elle empêchait l’utilisation de ses pouvoirs liés à la glace. Ceux-ci auraient pu lui permettre de pallier aux désagréments liés à la température. Mais puisque son objectif était en vue, elle allait devoir se montrer patiente.

Songeant que le fait de faire apparition, dans la coure du palais, sous cette forme pouvait prêter à confusion et entrainer de lourdes conséquences déplaisantes pour elle, la jeune femme, métamorphosée en oiseau, préféra se poser sur le sol un peu avant, et de reprendre sa forme humaine à cet instant.
Elle entama sa descente, gagna le sol, et laissa ses plumes se décoller pour retrouver une forme plus « vestimentaire ». A nouveau humaine, elle pouvait user de sa magie pour lui faire contrer cette sensation désagréable de froid.
A grand pas, elle parcourue la distance qui la séparait du palais de glace.

(Je ne sais pas trop comment tu avais imaginé le palais, donc je te laisse le soin de le décrire un peu ^^.)

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Ingvar
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MessageSujet: Re: Un message pour Ingvar   Dim 30 Mai - 13:17

[Ok pour l'oiseau. Si fait, c'est indiqué plus haut qu'il en entend parler, ou plutôt c'est sous-entendu plusieurs fois. Il est peut-être parti par caprice.]

Le palais tenait plus d'une demeure que d'un véritable bâtiment aristocratique. D'où était la jeune femme, elle pouvait voir un grand bâtiment rectangulaire flanqué d'une tour crénelée à chaque coin. Il était entièrement blanc, luisant, recouvert de glace. Si le soleil frappait, l'éclat de la réverbération forçait à plisser les yeux, à détourner le regard.
De nombreuses fenêtres s'ouvraient sur la façade, mais toutes étaient recouvertes de givre, ne laissant passer ni les regards extérieurs, ni la lumière naturelle. A l'arrière du bâtiment, ce que l'émissaire ne pouvait pas voir, était une sorte d'annexe, un genre de tour en rectangle qui sortait du mur mais qui y était collée et qui en était tout simplement un pan détourné.
C'était là que le seigneur recevait et travaillait.
Une route blanche et scintillante, manifestement glissante menait jusqu'à un portail en arc de cercle qui s'ouvrait dans la muraille basse qui entourait la demeure. Une fois le portail passé, auquel étaient postés six gardes en permanence et six autres dans le corps de garde attenant à la muraille, on entrait dans les jardins. Ceux-ci étaient tout particuliers : la glace avait tout recouvert, et en fait de végétation, il n'y avait plus que les formes de tout ce qu'on avait réussi à faire pousser ici. Un peu plus loin, on contournait un trou béant dans la terre qui était l'entrée du souterrain menant aux écuries puis on arrivait à la porte d'entrée, ou deux gardes imposants étaient chargés de s'informer de l'identité du nouvel arrivant et d'en prévenir le secrétaire, Martèleux.
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